Assassinat d’Alain Orsoni : nationalisme corse, exil en Amérique latine, football et affaires… l’itinéraire d’une figure sulfureuse
Postée le 13-01-2026 / 55 Vues

Alain Orsoni, figure emblématique du nationalisme corse, a été abattu à 71 ans devant la tombe de sa mère ce lundi 12 janvier, à Vero (Corse-du-Sud). Retour sur un parcours de vie sulfureux.

Une mort digne d’une scène de cinéma, comme pour rappeler qu’il fut souvent comparé, par le passé, à Yves Montand en raison de son côté séducteur.

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Alain Orsoni (71 ans) a été abattu ce lundi 12 janvier d’une seule balle par une arme longue distance, en plein cœur, alors qu’il se tenait debout devant la tombe de sa mère Marinette, dans le cimetière de Vero (Corse-du-Sud), le fief de toute la famille.

La figure du nationalisme corse avait fait spécialement le voyage depuis le Nicaragua, où il réside, pour assister aux obsèques de cette dernière. L’épilogue d’une vie hors norme digne d’un polar, entre ombres et lumières, comme le résume Corse-Matin.

Un membre du FLNC de la première heure

Né à Ajaccio en 1954, Alain Orsoni est le fils d’un parachutiste lors de la Seconde Guerre mondiale ayant par la suite combattu en Indochine, puis rejoint l’OAS lors de la guerre d’Algérie. À l’université de Panthéon-Assas (Paris), où il fait ses études, le jeune homme fréquente alors le GUD, le mouvement étudiant d’extrême droite, qu’il délaisse assez rapidement.

Le premier fait d’armes de celui qui n’a encore que 20 ans, sur l’île de Beauté, se situe à Aléria. Dans la nuit du 21 au 22 août, il fait partie du commando occupant la cave viticole d’un pied-noir, accusé de produire un vin de mauvaise qualité, sur fond de scandale financier. Deux gendarmes sont tués dans l’assaut, mais les membres du groupe parviennent à s’échapper.

Dans la foulée, en 1976, Alain Orsoni participe à la création du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), et se retrouve à diriger le secteur d’Ajaccio. Quatre ans plus tard, il participe à un attentat devant l’ambassade d’Iran, à Paris, ayant fait quatre blessés. Incarcéré, il est gracié par François Mitterrand lors de son accession au pouvoir en mai 1981.

À même pas 30 ans, son existence est déjà bien remplie alors que son frère Guy disparaît sur une route en juin 1983. Son corps ne sera jamais retrouvé. Un an plus tard, des membres du FLNC s’introduisent dans la prison d’Ajaccio pour tuer les deux assassins présumés. Alain Orsoni se réjouit publiquement de l’expédition punitive à laquelle il n’a pas participé : il est alors condamné pour apologie de meurtre et emprisonné un temps aux Baumettes, à Marseille.

Élu à l’Assemblée territoriale de Corse en 1986, sous l’étiquette du Mouvement corse pour l’autodétermination (MCA), Alain Orsoni a été porteur d’un indépendantisme non-violent à partir des années 1990, note auprès du Parisien Thierry Dominici, maître de conférences à l’université de Bordeaux, spécialiste du nationalisme corse.

À cette époque, il prend la tête du FLNC canal habituel, ayant vocation à sortir de la clandestinité et à s’investir dans la société civile, en opposition au FLNC canal historique. Les deux branches se livrent dans les années 1990 une guerre fratricide avec plusieurs assassinats à dénombrer.

Exil au Nicaragua et football

Dans ce contexte et pour échapper au bain de sang, Alain Orsoni quitte la Corse en 1996. Il part se mettre au vert en Amérique latine, au Nicaragua, ou Miami (États-Unis) avec une nouvelle vie dans les affaires à la clé, notamment dans le secteur des jeux.

De retour en Corse en 2008, Alain Orsoni prend alors les rênes du club de football de l’AC Ajaccio. Un retour sur l’île qui coïncide avec le début d’une guerre des clans sanglante, sur fond de grand banditisme. À cette époque, l’homme apparaît publiquement équipé d’un gilet pare-balles, il échappe même à une tentative d’assassinat au volant de son 4x4 sur la route du stade du club phare de la ville.

Quelque temps plus tard, Alain Orsoni est même interpellé, comme le mentionne Le Point, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Thierry Castola, un homme avec qui il avait fait des affaires en Amérique latine. Faute de preuves, il est libéré après avoir entamé une grève de la faim durant 36 jours. Son fils, nommé Guy comme son frère assassiné, est alors lui aussi dans le viseur de la justice car suspecté d’appartenir à la criminalité organisée alors que de nombreux morts sont à dénombrer autour du clan Orsoni.

Il était permis également de voir émerger la succession d’Alain Orsoni, en la personne de son fils Guy Orsoni, lequel allait tout d’abord organiser son activité autour du trafic de stupéfiants, se constituant ainsi une assise financière confortable, est-il notamment écrit dans un rapport d’activité de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, consulté par Le Figaro.

Mélange de voyoucratie et banditisme

Ce dernier, soutenu publiquement à plusieurs reprises par son père, est actuellement derrière les barreaux après une condamnation à une peine de 13 ans de prison, prononcée en 2025, pour un projet d’assassinat visant un membre présumé de la bande rivale du Petit Bar, Pascal Porri. Lire la suite sur https://www.ladepeche.fr/2026/01/13/assassinat-dalain-orsoni-nationalisme-corse-exil-en-amerique-latine-football-et-affaires-litineraire-dune-figure-sulfureuse-13158970.php

 

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Source : Ladepeche.fr
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