Règles trop abondantes : les signes qui doivent pousser à consulter selon une gynécologue
Postée le 01-06-2026 / 14 Vues

Changer de protection toutes les deux heures, se lever la nuit, rater une journée de travail... Les règles abondantes touchent de nombreuses femmes, mais beaucoup hésitent à en parler. Tout comme les règles douloureuses, qui vont parfois avec les règles abondantes. Le Dr Salma Touleimat, gynécologue au CHU de Rouen, a répondu à nos questions.

En ce 28 mai, Journée mondiale pour la santé, la précarité et l'hygiène menstruelles, les règles abondantes restent encore trop souvent banalisées ou passées sous silence. Elles toucheraient deux tiers des femmes (67 %), bien plus que les 40 % qui le déclarent spontanément, d’après une récente enquête de l’entreprise de sondages française Ipsos, avec des conséquences directes sur leur santé physique, mentale et leur vie quotidienne. Pourtant, près d'une femme sur deux n'en aurait jamais parlé à un médecin.

ze: 15px;>L'étude de l'Ipsos montre que 55 % consultent les réseaux sociaux et leurs amies pour évoquer leur problème de cycle et que 40 % ont déjà cherché des informations pour réduire leur flux, mettant en lumière un manque d’information. Femme Actuelle a interrogé le Dr Salma Touleimat, gynécologue médicale et obstétrique au CHU de Rouen. Elle rappelle que certains signes des règles abondantes ne doivent pas être banalisés.

Comment savoir si mes règles sont trop abondantes ?

L'abondance des règles est une notion difficile à mesurer objectivement. En consultation, le Dr Touleimat s'appuie sur l'impact concret sur la vie quotidienne pour l'évaluer avec ses patientes.

Le premier critère est la durée. “Des règles qui durent plus d'une semaine, ce n'est pas tout à fait normal. Même sur une abondance normale dans le temps, on finit par avoir des anémies, des fatigues, des complications,” explique le Dr Touleimat. Si celles-ci durent plus de 7 jours, cela peut être un signe de règles abondantes.

Ensuite, c'est la fréquence des changements de protections périodiques qui oriente le diagnostic : “Est-ce qu'on se change la nuit ? Est-ce que les tampons ou les serviettes, on les change plus d'une fois toutes les deux heures en étant plein ? Est-ce que ça déborde sur les vêtements ? Est-ce qu'au niveau du travail, on est obligé de couper ses tâches pour aller s'en occuper ?”.

D’après les Hospices Civils de Lyon, les règles sont considérées comme abondantes quand elles sont supérieures à 80 ml par jour, ce qui correspond environ à 5 CUP de taille moyenne remplies, plus de 5 tampons super plus, ou plus de 5 serviettes hygiéniques super plus remplies.

Attention toutefois à ne pas confondre les règles abondantes et les saignements en dehors des règles, qui n'ont pas les mêmes causes. Le Dr Salma Touleimat précise que les gynécologues cherchent systématiquement à savoir si les deux coexistent, car les saignements hors règles peuvent signaler quelque chose de plus grave.

Quelles causes et quand consulter ?

Derrière des règles abondantes, plusieurs causes peuvent être en jeu. Le Dr Touleimat en distingue deux grandes familles : les dérèglements hormonaux d'un côté, les maladies de l'utérus de l'autre.

Les cycles irréguliers liés au syndrome ovarien, métabolique, polyendocrinien (SMOP), anciennement syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), ou à la périménopause provoquent un épaississement progressif de l'endomètre. “Les patientes qui n'ont pas de règles pendant un certain temps peuvent avoir des règles très abondantes lorsque celles-ci arrivent”. Les fibromes (tumeur bénigne de l'utérus) et l'adénomyose, eux, touchent directement le muscle utérin. “Les fibromes, ça peut donner des saignements, des douleurs, de l'infertilité, ou tout ensemble.” L'endométriose peut également donner les mêmes symptômes : saignements abondants, douleurs, infertilité.

Le Dr Touleimat est catégorique : “Les règles peuvent être abondantes et douloureuses en même temps, et les deux doivent être alarmants à partir du moment où on a l'impression que le quotidien est affecté. Ne pas négliger, et à partir du moment où on sent que c'est une contrainte, c'est que c'est pas normal.”

Généraliste, gynécologue ou sage-femme : peu importe l'interlocuteur. “À partir du moment où on a l'impression que c'est trop, que c'est plus que d'habitude, on consulte.”

Source : Femmeactuelle.fr
Autres articles