La justice kényane a annoncé, mardi, l’inculpation de plusieurs étudiantes pour leur implication présumée dans l’incendie d’un dortoir de l’école de filles Utumishi de Gilgil, située au nord de Nairobi. Le sinistre, survenu fin mai, a coûté la vie à 16 élèves âgées de 15 à 18 ans et fait 132 blessées.
Selon les autorités judiciaires, neuf pensionnaires de l’établissement sont toujours placées en garde à vue. La majorité d’entre elles avait été interpellée le 29 mai, au lendemain du drame, dans le cadre d’une enquête pour incendie volontaire. Elles sont désormais poursuivies pour les meurtres de leurs camarades décédées dans l’incendie.
Cette tragédie relance le débat sur la sécurité dans les internats scolaires au Kenya, un pays régulièrement confronté à des incendies meurtriers dans les ét
ablissements d’enseignement. Au fil des années, de nombreux sinistres similaires ont été enregistrés, causant la mort de centaines d’élèves.
Les spécialistes attribuent ces actes à plusieurs facteurs, notamment des phénomènes d’imitation entre élèves, mais aussi à un climat de frustration grandissant au sein du système éducatif. Ils pointent du doigt des infrastructures souvent insuffisantes, un encadrement limité et une forte pression académique exercée sur les apprenants.
Face à la recrudescence de ces incidents, le parquet national kényan a exprimé sa «profonde préoccupation» concernant l’augmentation des incendies criminels et d’autres actes de délinquance dans les établissements scolaires du pays.
Dans un communiqué, les autorités judiciaires ont averti que toute personne reconnue coupable de tels actes ferait l’objet de poursuites judiciaires. Le parquet a également appelé les élèves et le grand public à respecter la loi et à contribuer à la prévention de la violence dans les écoles.
L’affaire, qui suscite une vive émotion à travers le pays, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les violences et les actes criminels en milieu scolaire au Kenya.
Djah OPELY
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