Un nouveau cas de maltraitance infantile secoue la ville de Bouaké. Dans le quartier populaire de N’gattakro, la petite Amoikan, âgée de 11 ans, vivait un véritable enfer au domicile de sa grand-mère, Y. S. Wa, 72 ans. Battue régulièrement et contrainte de dormir dans un poulailler, l’enfant a été secourue in extremis par les éléments de l’Antenne régionale de la Sous-Direction de la Lutte contre la Traite des Enfants et la Délinquance Juvénile (SDLTEEDJ), unité spécialisée de la Police nationale placée sous la direction du colonel Zaka Luc.
Tout débute par une dénonciation anonyme. Le mercredi 25 février 2026, les forces de l’ordre sont alertées sur des faits présumés de sévices infligés à une mineure au quartier N’gattakro à
s://www.linfodrome.com/faits-divers/116858-bouake-plus-de-18-800-comprimes-de-tramadol-saisis-dans-des-cartons-de-piments>Bouaké. Sans tarder, les agents se rendent sur les lieux. À leur arrivée, la scène qu’ils découvrent est bouleversante.
Amoikan vivait dans un poulailler
Dans une cour modeste, les policiers aperçoivent une fillette frêle, silencieuse et visiblement terrorisée. Amoikan vit dans un poulailler, isolée du reste de la maison. Elle porte un sac de riz en guise de vêtement. Son visage tuméfié, ses lèvres gonflées et les nombreuses marques apparentes sur son corps témoignent de violences répétées. Son regard, mêlant peur et résignation, traduit la profondeur des souffrances endurées.

Très vite, l’enfant désigne sa grand-mère comme l’auteure des coups. Interpellée et conduite au poste de police pour les besoins de l’enquête, la septuagénaire reconnaît avoir frappé la fillette à l’aide de branches d’arbre. Elle évoque de simples « corrections », affirmant que l’enfant volait ou tuait des poulets. Des explications qui peinent à justifier la gravité des blessures constatées.
La mise en cause soutient que l’enfant lui aurait été confiée à l’âge de 10 ans par son défunt père afin qu’elle la « délivre » de prétendus esprits
Plus troublant encore, la mise en cause soutient que l’enfant lui aurait été confiée à l’âge de 10 ans par son défunt père afin qu’elle la « délivre » de prétendus esprits. Un proche parent, présent au domicile au moment de l’intervention, confirme aux enquêteurs que la fillette subissait régulièrement des violences physiques.

Face à la gravité des faits, le Procureur de la République a immédiatement ordonné le placement de l’enfant à la Maison de l’Enfance de Bouaké. Elle y bénéficie désormais d’une prise en charge adaptée comprenant un suivi médical, un accompagnement psychosocial et un encadrement éducatif. Quant à la grand-mère, elle a été placée en garde à vue et devra répondre de ses actes devant la justice.
La vigilance accrue des services spécialisés dans la protection des mineurs
Cette intervention illustre la vigilance accrue des services spécialisés dans la protection des mineurs. Elle s’inscrit dans la dynamique nationale de lutte contre les violences faites aux enfants, portée notamment par Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire et présidente du Comité National de Surveillance des actions de lutte contre la Traite, l’Exploitation et le Travail des Enfants (CNS).
Sous son impulsion, les dispositifs de veille communautaire, de dénonciation et de prise en charge des victimes ont été renforcés à travers le pays. L’affaire Amoikan rappelle toutefois que des défis subsistent, notamment en matière de sensibilisation des familles et de lutte contre certaines croyances pouvant conduire à des abus. Lire la suite sur https://www.linfodrome.com/faits-divers/118802-maltraitance-a-bouake-la-grand-mere-de-la-petite-amoikan-la-battait-et-la-faisait-dormir-dans-un-poulailler