Dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, la tension reste vive entre les populations autochtones wê et la confrérie des Dozos, ces chasseurs traditionnels dont la présence suscite de plus en plus d'inquiétudes. La mort brutale du jeune planteur Koffi Yao Jules, survenue récemment dans la sous-préfecture de Kahin, a ravivé les frustrations et exacerbé un sentiment de rejet déjà perceptible dans plusieurs localités, notamment à Duékoué, Guiglo et Bangolo.
Lors d'un séjour dans les régions du Cavally et du
officiel-de-l-operation-d-inspection-des-denrees-animales-et-d-origines-animales>Guémon , notre collaborateur a pu mesurer l'ampleur du malaise. Dans les villages comme sur les axes routiers, les témoignages traduisent une profonde colère. Pour de nombreux habitants, la cohabitation avec les Dozos est devenue difficile, voire insoutenable.
…''Ils ouvrent le feu sur des innocents''
« Depuis la crise post-électorale qu'a connue notre pays, ces Dozos ne font que nous tuer. Pour un oui ou pour un non, ils ouvrent le feu sur des innocents », déplore un riverain rencontré dans la zone. Selon lui, ces chasseurs traditionnels ont réalisé des barrages sur les routes et les pistes menant aux plantations, instaurant un climat de peur permanent. « Le jour où tu veux aller au champ et que tu n'as pas d'argent pour payer leurs barrages, tu es contraint de rester chez toi », ajoute-t-il.
Au-delà des envois à la libre circulation, c'est la question de la sécurité qui préoccupe le plus. Les populations dénoncent des abus répétés et des violences qu'elles jugent injustifiées. « Si nous avons accepté de cohabiter avec eux, c'était pour préserver la paix. Mais nous n'avons pas oublié les souffrances qu'ils nous ont infligées », poursuit notre interlocuteur, visiblement ému.
Comment vivre avec des personnes qui peuvent ôter la vie pour si peu ?
À Bangolo, la situation semble particulièrement tendue. Plusieurs habitants évoquent des incidents récents, dont celui ayant coûté la vie à un individu pour une affaire portant sur une somme de 500 FCFA. « Comment vivre avec des personnes qui peuvent ôter la vie pour si peu ? Chez nous, la vie humaine est sacrée », s'indigne un autre fleuve.
Les acteurs du secteur éducatif ne sont pas en reste. Un enseignant en service dans la localité témoigne des difficultés auxquelles il est confronté au quotidien. « Ces chasseurs traditionnels sévissent dans la région. Comment des personnes sans formation peuvent-elles se permettre de contrôler des pièces d'identité ou des documents de moto ? Et si vous refusez ou contestez, ils ouvrent le feu », explique-t-il.
Situation déplorable
Face à cette situation, certains agents de l'État envisagent même de quitter la région. « À un moment donné, nous avons songé à demander une affectation ailleurs », confie l'enseignant, qui souligne les risques encourus sur les parcours.
La question des barrages illégaux revient également avec insistance dans les témoignages. Les populations dénoncent une multiplication des points de contrôle, en plus de celles des forces de défense et de sécurité. « Nous payons déjà aux barrages officiels. Si nous devons encore payer ceux des Dozos, cela devient insoutenable », martèle l'enseignante.
Il faut que les autorités compétentes prennent des décisions fermes pour démanteler ces barrages et rétablir l'ordre.
Dans ce contexte, les appels à l’intervention des autorités se multiplient. Les populations réclament des mesures urgentes pour mettre fin à ce qu'elles considèrent comme des abus. « Il faut que les autorités compétentes prennent des décisions fermes pour démanteler ces barrages et rétablir l'ordre », insiste-t-il. Lire la suite sur https://www.linfodrome.com/societe/119348-cote-d-ivoire-les-dozos-indesirables-a-duekoue-guiglo-et-bangolo-ce-qu-on-leur-reproche