En Côte d’Ivoire, le débat autour de l’affaire Rita Djédjé remet le foncier au centre de la conversation nationale. Le foncier ivoirien révèle nombre de pièges dans l’achat et la vente de terrain en Côte d’Ivoire. A force de précipitation et de mal information, beaucoup balbutient les règles d’usage avant de passer à l’acte.
Outre les polémiques, un spécialiste du domaine donne les clés d’une bonne opération et transaction foncière. « En Côte d’Ivoire, acheter un terrain ne se résume pas à verser de l’argent à une personne qui se présente comme propriétaire. Il faut vérifier, documenter et sécuriser chaque étape » amorce-t-il. Pour lui, le foncier reste un domaine sensible, exposé aux litiges lorsque les procédures ne sont pas respectées. Une agence immobilière gère des biens, ma
is ne remplace pas un promoteur immobilier agréé. L’acquéreur doit vérifier l’existence du lot, l’approbation du lotissement et l’identité du propriétaire. L’état domanial permet de retracer l’historique du terrain avant l’achat. Toute vente doit être formalisée devant un notaire, même entre proches.
Un secteur sensible, des pratiques à encadrer
Le foncier demeure l’un des sujets les plus délicats de la vie économique et sociale ivoirienne. Il touche à la terre, à la famille, à l’identité, à l’héritage et, souvent, à des sommes importantes. Lorsque la confiance remplace la vérification, les litiges ne tardent pas à surgir. Selon ce connaisseur du domaine, plusieurs difficultés viennent du manque d’information et de la recherche du terrain « moins cher ». Beaucoup d’acquéreurs veulent aller vite, éviter les frais ou contourner les procédures.
Des influenceurs présentent des terrains, des lotissements ou des projets de promotion immobilière à des milliers d’abonnés.
Résultat : ils se retrouvent face à des biens mal identifiés, des documents incomplets ou des vendeurs qui ne détiennent pas réellement le droit de vendre. Il ne s’agit pas de dire que tout projet foncier est douteux. « Le métier reste noble lorsqu’il permet d’aménager des sites, de construire des logements et d’accueillir des familles. Mais il exige de la rigueur, des compétences et le respect des règles établies par l’État » ajoute-il.
Influenceurs, agences et promoteurs : Des rôles différents
L’un des points saillants de cet échange porte sur la multiplication des publicités immobilières sur les réseaux sociaux. Des influenceurs présentent des terrains, des lotissements ou des projets de promotion immobilière à des milliers d’abonnés. Pour le spécialiste, cette pratique ne doit pas se substituer aux vérifications légales. Une agence immobilière, explique-t-il, est habilitée à gérer des biens immobiliers. Elle n’est pas automatiquement autorisée à réaliser des lotissements ou à mener des opérations de promotion immobilière.
Le promoteur, lui, obtient un agrément après examen de son dossier par l’État. Il doit démontrer sa capacité financière et sa fiabilité pour aménager des terrains ou construire des logements. Autrement dit, faire de la publicité ne suffit pas à garantir la légalité d’un projet. Un bien peut appartenir réellement à un vendeur, mais cela ne dispense pas l’acquéreur de vérifier les documents, l’identité du terrain et du propriétaire et l’existence du lotissement.
Avant de payer, vérifier à la source
Le message central est qu’avant tout achat, il faut consulter les services compétents. Le guichet unique du foncier, le ministère de la Construction et les services du domaine permettent d’obtenir des informations essentielles sur un terrain. L’acquéreur doit notamment vérifier si le lot existe, si le lotissement a été approuvé et si le terrain figure dans le guide de répartition. Ce document contient des références précises : identité du propriétaire, numéro de pièce d’identité, numéro de téléphone et autres éléments permettant de contrôler la régularité de la transaction.
Le foncier ne pardonne pas l’improvisation. Même entre membres d’une même famille, la formalisation reste nécessaire.
Le spécialiste insiste sur un point souvent négligé : le nom inscrit dans le guide de répartition doit correspondre à celui de la personne qui propose la vente. Un frère, un fils ou un proche ne peut pas vendre un terrain sans les autorisations et documents nécessaires. Même une attestation ne remplace pas une procédure complète. L’état domanial constitue également un outil précieux. Il permet de retracer l’historique du terrain, y compris les précédentes ventes. Si le dernier acquéreur est bien celui qui propose le bien, l’opération peut être envisagée avec davantage de sérénité. Dans le cas contraire, la prudence s’impose. Lire la suite sur https://www.linfodrome.com/societe/126537-faire-de-la-publicite-ne-suffit-pas-a-garantir-la-legalite-d-un-projet-immobilier-specialiste