Combien d'urine se cache dans l'eau des piscines ? Des chercheurs canadiens ont trouvé une réponse chiffrée en traquant un édulcorant dans les bassins.
Y avez-vous pensé au moment de vous baigner cet été ? La piscine tant désirée pour les vacances ne comprenait-elle que de l'eau et du chlore ou contenait-elle un peu (beaucoup ?) d'urine ?
Premier rappel, faire pipi dans une piscine n'est pas qu'une entorse aux bonnes manières. Les composés de l'urine réagissent avec le chlore pour former des produits volatils et irritants. Une fois dans l'air, ces substances agressent les yeux et l
es voies respiratoires, et ont même été associées à des cas d'asthme. Si une piscine sent fortement le chlore, ce n'est donc pas forcément bon signe.
Mais à quel point ? Oubliez la légende urbaine de l'eau qui change de couleur si on fait pipi dans la piscine ! Le problème, c'est qu'aucun marqueur simple ne permettait jusqu'ici de mesurer l'urine rejetée par les baigneurs dans une piscine. Les chercheurs de l'Université de l'Alberta au Canada ont donc misé sur un autre cheval : l'acésulfame-potassium (ACE), un édulcorant de synthèse présent dans de nombreux aliments et boissons industriels.
Son intérêt : il n'est pas métabolisé par le corps et se retrouve intégralement évacué dans l'urine. Stable face à l'acidité, à l'alcalinité et à la chaleur, il constitue donc un traceur idéal pour mesurer l'urine présente dans les piscines. Tout le monde n'en consomme pas mais cela donne déjà un bon aperçu.
Pour le débusquer, l'équipe a mis au point une méthode rapide de chromatographie liquide. De quoi analyser un grand nombre d'échantillons avec une limite de détection de seulement 0,5 ng/L. Une goutte d'eau à l'échelle d'une piscine...
Le terrain de jeu des chercheurs était vaste : deux villes canadiennes et 31 piscines et bains à remous (aussi appelés jacuzzis) répartis entre installations publiques, hôtels et un domicile privé. Entre mai et août 2014, plus de 250 échantillons d'eau de bassin et plus de 90 échantillons d'eau du robinet, source d'alimentation des piscines, y ont été prélevés puis comparés.
Le résultat a été sans appel : l'édulcorant a été détecté dans la totalité des échantillons de bassins ! Les chercheurs ont aussi mesuré une teneur en carbone organique dissous nettement plus élevée dans les piscines que dans l'eau du robinet, autre signe d'un rejet d'urine. Comme le résument les auteurs, cette étude montre clairement l'impact humain dans les piscines et les bains à remous. Lire la suite sur https://www.linternaute.com/bricolage/id/11223810-article-urine-piscine/#utm_source=MagNews&utm_medium=email&utm_campaign=Morning_26/08/2026&een=56e4afb524b20c898ad63cea5642b879&seen=2&gbmlus=c563b8e900d80bfce9dec6cc86faaf6d82ba9713e4d59ada015a98dd6e1c968e