Koumassi Campement : pourquoi Ouattara ne devrait pas lâcher Bacongo
Postée le 08-10-2026 / 14 Vues

Quatre mois après les démolitions du 3 juin 2026 à Koumassi Campement, une question agite Abidjan : Alassane Ouattara va-t-il sanctionner Ibrahim Cissé Bacongo, ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan ? Les signaux envoyés depuis l’été vont dans ce sens, mais le calcul politique, lui, plaide pour le statu quo.

Ce que l’enquête sur Koumassi Campement a établi

Le procureur de la République, Koné Braman Oumar, a fait le poin t le 16 septembre 2026, lors d’une conférence de presse. Alloui Brou Jacques, qui se présentait comme propriétaire du site, reconnaît être l’auteur des démolitions et disait agir sur la foi d’une décision de justice. Selon le parquet, cette décision autorisait un déguerpissement mais pas la destruction des maisons. Interpellé le 18 juin, il a été placé sous mandat de dépôt.

Le parquet vise aussi le député de Gouméré-Tabagne, à qui il attribue un « rôle déterminant » et « le financement principal » de l’opération. Cissé Bacongo a été entendu le 24 juin par le premier président de la Cour d’appel d’Abidjan. Il a justifié les démolitions par le plan ORSEC, le dispositif d’organisation des secours. Le procureur a demandé publiquement si ce qui a été fait à Koumassi Campement répondait aux exigences de ce plan, sans apporter de réponse.

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Un président qui hausse le ton, un gouvernement qui prend ses distances

Le 6 août, dans son discours à la Nation de la veille de la fête de l’indépendance, Alassane Ouattara a annoncé des enquêtes sur les déguerpissements menés en dehors du cadre légal. « Personne ne peut agir au nom de l’État, hors du cadre légal, sans en subir les conséquences », a-t-il prévenu. Il n’a cité aucun nom, même si une partie de sa phrase « agir au nom de l’État » ramène pour l’opinion à Ibrahim Cissé Bacongo.

Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a ensuite rappelé que le gouverneur du District « ne fait pas partie du Gouvernement », puisqu’il ne siège pas en Conseil des ministres. La précision est technique, sauf que dans le contexte, elle ressemble fort à une prise de distance, ce qui confirme, toujours dans l’opinion, de vrais soucis à venir pour le ministre de la Ville.

Pourquoi Ouattara peut difficilement lâcher Bacongo

Sanctionner le gouverneur pour le déguerpissement de Koumassi Campement reviendrait à juger une méthode que le pouvoir a couverte jusqu’ici. Souvenons-nous, dans la nuit du 19 au 20 février 2024, les bulldozers du District ont rasé une partie de Gesco, à Yopougon, dont l’école Cha Hélène, en pleine année scolaire. Plusieurs établissements d’Abidjan avaient suspendu les cours en signe de protestation. Bacongo était resté en poste et avait annoncé dans la foulée 176 autres sites à libérer, au nom de la lutte contre les inondations et les éboulements. Aucune réaction vigoureuse du Président Ouattara malgré les tensions entre Bacongo et Adama Bictogo, maire de Yopougon. Lire la suite sur https://www.afrique-sur7.fr/koumassi-campement-ouattara-bacongo

 

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Source : Afrique-sur7.ci
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