: ‘‘Hôpital général de Guéyo’’. « Je pense que nous sommes arrivés », lance le conducteur. A l’horizon, une constellation de points lumineux led offre, en plongée, une vue panoramique de la cité des ‘‘enfants de Guéi’’. A quelques encablures de la gare routière, nous posons pied dans un hôtel non étoilée. Une bâtisse relativement coquette, construite au bout d’une ruelle obstruée partiellement par une dizaine de gros camions sur cale.« Vous allez nous excuser, mais ici, on n’a pas d’eau dans les robinets. On remplit des seaux pour vous. Ne vous inquiétez pas, on a beaucoup de bidons. Ça va aller... Vous allez bien dormir. Nos chambres sont bien climatisées », rassure le gérant, un jeune homme aux cheveux crépus, vêtu d’un tee-shirt col roulé floqué d’un personnage de bande dessinée.
Une première nuit paisible, un sommeil profond, à la hauteur de la fatigue accumulée, et un réveil lourd, ce 22 octobre. La pluie, qui s’est abattue sur Guéyo, une partie de la nuit, a laissé place à un ciel dégagé. Duquel l’astre solaire, dans toute sa splendeur, darde ses rayons brulants sur la capitale du Gligbéyiri (une tribu godié).
Maisons précaires et jaunies par la poussière
La ville de Guéyo, que nous découvrons de jour, a presque tout d’un gros village. Érigée en chef-lieu de sous-préfecture en 1972, la localité, plus d’un demi-siècle plus tard, baigne encore dans les bas-fonds du sous-développement. Aucune voie bitumée. Des rues crevassées recouvertes de latérite s’enfoncent dans des quartiers faits de maisons, pour la plupart, précaires et jaunies par la poussière.
L’érection de la ville en chef-lieu de département en 2009 n’a rien changé. Guéyo semble n’avoir certainement pas aussi humé le parfum du développement qui embaume la Côte d’Ivoire. « Ici, on manque presque de tout. Il n’y a pas de goudron, pas de lampadaires dans les rues, pas d’eau dans les robinets, pas de commissariat, aucun établissement bancaire, même pas une microfinance », énumère avec déception Roland Djéblé.
Distante de 61 kilomètres de Gagnoa, 60 kilomètres de Lakota, 93 kilomètres de Sassandra et 69 kilomètres de Soubré, la ville de Guéyo jouit d’une position stratégique indéniable. Hélas ! La voie, dit-on, est pourtant dans son meilleur état depuis une quinzaine d’années. Mais il a fallu à notre équipe de reportage, plus de deux heures pour parcourir les 61 kilomètres reliant la cité du Gôh à la localité. Malgré le passage des machines, dont quelques traces sont encore visibles, le tronçon Gagnoa-Guéyo est loin d’être un trajet douillet. Lire la suite sur https://www.fratmat.info/article/2639315/economie/retard-de-developpement-gueyo-la-ville-carrefour-aux-mille-maux-reportage