Réunis en Assemblée générale extraordinaire le vendredi 3 juillet 2026, les chefs de villages, de cantons et de tribus de la communauté lobi ont formellement contesté le processus de désignation des représentants départementaux à la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels de Côte d'Ivoire (CNRCT).
À l'issue des travaux initiés par le Djamala Virkoune Sib, Chef central des Lobi, une délégation conduite par le patriarche Tchotounon Sib s'est rendue à la préfecture de Bouna pour remettre une motion de protestation au Préfet de région.
Une crise de représentativité dans le Bounkani
La communauté lobi, qui affirme re
présenter plus de 85 % de la population du Bounkani, dénonce des manœuvres autocratiques récentes visant à minimiser son poids démographique et historique. Réunis en assemblée générale extraordinaire, les autorités coutumières lobi se sont insurgées contre les processus ayant abouti à la désignation des représentants de Bouna et de Doropo à l'Assemblée des rois et chefs traditionnels.
En particulier, dans le département de Bouna, les deux représentants de l'ethnie Koulango retenus à l'avance et imposés par le Roi de Bouna n'ont nullement été désignés par les Chefs de village Lobi présents, ni par consensus, comme le faisant la loi portant statut des Rois et Chefs traditionnels ainsi que son décret d'application
Selon la note d'information transmise aux médias, ces désignations sont faites au mépris des principes de transparence et de consensus. « En particulier, dans le département de Bouna, les deux représentants de l'ethnie Koulango à l'avance et retenus par le Roi de Bouna n'ont nullement été désignés par les Chefs de village Lobi présents, ni par consensus, comme le faisant la loi portant statut des Rois et Chefs traditionnels ainsi que son décret d'application », at-il d'énoncé.

Il a révélé que cette désignation contestée a entraîné « une désapprobation unanime des Chefs des villages Lobi », exprimée lors de réunions tenues dans différentes localités du département. Face à cette situation, le chef central des lobis qui a signé la déclaration finale, prévient qu'une telle mise à l'écart alimente un sentiment d'injustice et d'exclusion susceptible de fragiliser la paix dans cette région frontalière stratégique.
L'appel à l'arbitrage de l'État et au respect de la loi
Pour désamorcer cette crise de représentativité, les chefs lobi en appelant à l'arbitrage de l'État et au strict respect de la loi n°2014-428 du 14 juillet 2014 portant statut des Rois et Chefs traditionnels. Lire la suite sur https://www.linfodrome.com/societe/123148-tensions-coutumieres-dans-le-bounkani-la-chefferie-lobi-alerte-sur-un-risque-de-fracture-sociale